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LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE 1940-1944 |
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Le Commissaire général des Chantiers de la Jeunesse de France, à sa table de travail. LOI DU 18 JANVIER 1941 Je vous fais grâce du récit des difficultés de toute
sorte qu’il fallut vaincre, obstacles apportés par la nature, car on ne
fait pas camper systématiquement près de cent mille hommes sans un
matériel et des efforts considérables, obstacles apportés par des hommes
qui ne croyaient pas que ce fût possible et redoutaient une catastrophe
sanitaire, voire des incidents, même des révoltes, et se faisaient
l’écho de quelques jeunes gens bien placés à qui cette vie rude, ce
mélange intégral de toutes les classes répugnaient au plus haut point
parce qu’ils se refusaient à réaliser la défaite et ses conséquences, et
à comprendre vers quel destin le Maréchal entraînait le pays. La
Révolution Nationale apparaissait, et paraît à beaucoup encore, comme
excellente pour les autres à condition qu’ils n’aient rien à
révolutionner en eux. Car toute réforme individuelle est pénible. Et
cependant c’est elle qui conditionne étroitement la réforme de
l’ensemble. La loi du 18 janvier 1941 et ses annexes donnèrent
aux Chantiers le caractère de stabilité qu’ils ont aujourd'hui. Ils sont une institution d’État dont le but défini
dans l’instruction de base signée par le Ministre de l’Éducation
nationale et de la jeunesse est « de donner aux jeunes hommes de France,
toutes classes confondues, un complément d’éducation morale et virile
qui, des mieux doués, fera des chefs et, de tous, des hommes sains,
honnêtes, communiant dans la ferveur d’une même foi nationale. » Ces lignes se retrouvent telles quelles dans les
instructions remises, à leur départ, aux chefs qui, venus se présenter à
Clermont au Commissaire Général, s’en allaient prendre le commandement
des groupements.
FÊTES DES CHANTIERS DE LA JEUNESSE, 29 JUIN 1941 « Cérémonie du Drapeau. La remise solennelle du Drapeau à l’ensemble des
Chantiers de la Jeunesse a donné lieu le samedi 29 et le dimanche 30, à
d’importantes cérémonies à Vichy. Comme prélude à la remise solennelle du Drapeau, une
grande veillée a eu lieu au cours de la nuit de samedi à dimanche, au
stade municipal de Vichy. Six groupes y participaient, représentant les six
régions de la zone libre entre lesquelles sont partagés les Chantiers. Des chants régionaux, le « Jeu des Chantiers », le
« Jeu du Drapeau », puis le « Jeu de la France » furent les principaux
éléments de ces fêtes des Jeunes des Chantiers. Le dimanche 30, le Maréchal Pétain remit
solennellement leur Drapeau aux Chantiers de la jeunesse à l’occasion du
premier anniversaire de leur fondation.
Les Chantiers avaient envoyé pour cette cérémonie des délégations de
chacune de leur région et de chacun de leur groupement. En outre,
prenaient part à la cérémonie, les délégations des Chantiers de la
jeunesse de la Marine »
Source : Vice-présidence du Conseil, 8 juillet 1941
30 juin 1941, après le drapeau confié aux Chantiers, le Maréchal Pétain remet sa Légion d'Honneur au Commissaire général. La photographie illustre de mot "Honneur" dans l'Abécédaire de l'Etat français.
MESSAGE AUX JEUNES DES CHANTIERS, 12 NOVEMBRE 1941, RADIO-JEUNESSE « Je
m’adresse ce soir à tous les jeunes de France. A
vous d’abord, chefs et jeunes des chantiers. Voici
la nuit qui tombe, vous êtes rassemblés au foyer, autour du poste qui
vous porte ma voix, et tout à l’heure, sans doute, à la veillée qui vous
réunira en équipe, vous prolongerez cet entretien où ma pensée vous
suivra. Vous avez eu une dure journée de travail après tant d’autres, dans les bois de la montagne où la neige et le froid sont apparus si tôt cette année. Maintenant c’est la détente et le repos. J’aime cette intimité où s’ouvrent les cœurs parce qu’il fait bon d’être ensemble, parce qu’on est frère et qu’on habite la même demeure. Si divers dans vos origines et dans vos professions : agriculteurs, ouvriers, artisans, étudiants, vous êtes tous semblables par cette vie du camp qui vous unit étroitement, semblables aussi dans votre désir de faire la France. Il faut que ce désir devienne une volonté qui vous soutienne et vous aime. Cela exigera de vous des efforts, je le sais, comme au chantier la coupe que vous abattez ou la route que vous construisez. Mais après ces moments de peine, viennent les heures de paix et de joie. De même que vous en avez eues aux chantiers, vous en aurez au sein des familles que vous fonderez, et aussi je pense dans vos réunions d’anciens, heures d’autant plus douces que vous les aurez méritées par un travail bien fait. Ne croyez pas que vous pourrez jamais revenir à une vie facile, sans morale, sans charité, sans sacrifices. Vos chefs vous l’ont appris, je vous le redis et je le redis aussi à vous, « les anciens des chantiers » qui venez d’être libérés. Des devoirs, des difficultés vous attendent. Il vous faudra rester honnêtes en toutes circonstances, courageux devant les privations, insensibles aux mauvais exemples ; il vous faudra savoir faire taire l’esprit de critique desséchant et l’égoïsme inhumain que tant de fois le Maréchal a dénoncés comme une des causes de nos malheurs. Serrés autour de vos chefs d’équipe, vous vous soutiendrez les uns les autres dans la discipline civique et le service d’autrui, intégrés dans le grand mouvement de la Révolution nationale à la suite de vos aînés. Je compte sur vous pour que l’esprit des chantiers fait d’enthousiasme, de foi, de confiance et de discipline se répande dans le pays ; vous l’y apporterez, vous le garderez, vous le transmettrez. Les enfants qui grandissent dans vos villages et vos cités ont les yeux sur vous. Par votre rayonnement, vous préparerez ceux qui plus tard vous succèderont, unissant vos efforts à ceux des chefs de tous les groupements de jeunesse. Chefs de ces mouvements qui m’écoutez, maîtres et éducateurs, le stage dans les chantiers est pour vos jeunes gens la grande épreuve. Sortis de leur milieu, faisant équipe avec des garçons de toutes conditions et de toute qualité, ils s’y montrent tels que vous les avez formés. Parmi eux, la sélection s’opère et les meilleurs sont les chefs. Vous ne sauriez les préparer avec trop de soin à cette période décisive de leur vie d’hommes et de Français. Jeunes gens qui bientôt viendrez aux chantiers, soyez prêts. Vos chefs vous y accueilleront avec une grande confiance. Enrichissez vos âmes : vous rayonnerez mieux. Soyez francs et honnêtes et vous vivrez quelques mois qui compteront parmi les mieux remplis de votre vie. Jeunes et anciens des chantiers, le pays attend de vous des jours meilleurs. Par votre conduite et votre esprit donnez-lui dès maintenant un réconfort et une certitude. Chaque foyer de chez vous, dans sa misère présente, est plein d’espoir. Malgré la violence de l’orage, toute la jeunesse de France suit le Maréchal dans la rude montée qui mène au salut. Jeunes des chantiers, Anciens des chantiers, jeunesse de France : Courage et confiance » NOËL 1941
« Pour la seconde
fois, Noël passe sur la Patrie – disloquée et meurtrie. Combien encore de
foyers détruits ou séparés ! Combien d’absents en cette soirée que,
suivant une ancienne et chère tradition, nous aimions à passer réunis en
famille ! Aux Chantiers, plus
qu’ailleurs, vous ressentez la pénible séparation, puisque vous êtes
loin des villes et loin des vôtres, et que la paralysie qui gagne les
moyens de transport n’a pas permis, à quelques-uns au moins d’entre
vous, d’aller les retrouver. Je pense surtout à
vous, chefs des Chantiers, parce que depuis plus longtemps que vos
hommes vous menez une vie dure et solitaire, en dépit des apparences. Je
sais combien vous vous êtes attachés à eux et que beaucoup vous rendent
en affection sincère toute cette générosité que vous mettez à leur
service. Vous avez fait de vos groupes une véritable famille. Mais ce
n’est tout de même pas la famille où l’on se détend, où vous pourriez
redevenir pour quelques heures l’enfant ; il est pénible d’être par
devoir obligé de rester toujours le chef, si humain, si accessible, si
dévoué pour tous qu’on puisse être, surtout quand on n’a guère plus de
vingt ans. Il n’y a rien de
changé ce soir pour vous et pour vos hommes, si ce n’est cette veillée
plus longue, plus intime que les autres ; c’est pourquoi je veux en
passer quelques minutes avec vous et vous parler comme je le ferais si
j’étais assis à vos côtés. Que l’épreuve ne
vous entraîne jamais au découragement ou à l’amertume, qu’elle ne vous
raidisse pas au point de devenir indifférents à ceux qui vous entourent.
Dites-vous bien que, même dans les mystères joyeux de cette vie, la
souffrance a toujours sa part, plus ou moins grande ; toute joie
s’achète et se mêle de douleurs ; la paix véritable est rare parce que
bien rare la bonne volonté, le détachement total qu’elle suppose. Et cependant nous
en sommes maîtres dans la plus large mesure, car elle est au-dedans de
nous. La joie et la paix,
vous les avez trouvées dans l’accomplissement de la tâche quotidienne,
si vous avez su sortir de vous-mêmes, voir plus haut, comprendre que
cette vie des Chantiers est saine, parce qu’elle vous élève
naturellement, qu’elle est utile parce que vous en sortirez meilleurs,
parce que la France a aujourd’hui un besoin urgent de l’effort de vos
bras.
La joie et la
paix, vous les trouverez dans l’amour des autres, qu’il vous est si
facile de pratiquer parce que chaque jour vous en avez l’occasion.
Jeunes, qui vous entr’aidez si naturellement dans la vie en commun que
vous menez au camp, qui partagez ce que vous recevez avec les plus
déshérités d’entre vous ; chefs d'équipe, qui êtes l’âme de vos équipes,
qui soutenez fraternellement ceux qui se découragent et qui souffrent,
qui sont seuls ; chefs de groupe, chefs de tout rang,
qui donnez
votre temps et vos peines, qui vous dépensez sans compter jamais et sur
qui tout repose. La joie et la paix,
vous les trouverez encore si vous portez vos regards plus loin que les
Chantiers, si vous songez à tant de malheureux de chez nous qui ce soir
ont froid, à tant de prisonniers qui ce soir sentent plus que
d’ordinaire le poids de leur captivité. Ceux-là sont plus à plaindre que
vous ; ingéniez-vous pour leur offrir un secours matériel et aussi pour
leur témoigner l’affection qui leur apportera le parfum de chez nous. Je sais que
beaucoup d’entre vous ont ramassé et fait parvenir du bois aux familles
qui nous touchent de plus près ; j’ai été ému d’apprendre que dans toute
une province vous avez eu cette belle pensée et que vous l’avez mise à
exécution, car rien de ce que vous faites de bien et de bon ne me laisse
indifférent ; partout, vous avez répondu à l’appel de vos chefs, et, au
fond de vous-mêmes, vous êtes contents. Vous ne vous rappelez plus la
peine que cela vous a coûtée, parce que vous sentez que vous avez
secouru quelqu’un et que vous avez apporté un peu de chaleur à son foyer
et dans son cœur. Voilà vraiment de
quoi sont faites la joie et la paix de Noël. Heureux vous tous qui en
avez compris la leçon ; elle est douce – et féconde – et riche des plus
belles espérances. Ces espérances,
c’est vous, les anciens, qui commencez à les réaliser.
Vous avez rejoint
votre famille ; et après avoir bien servi dans les Chantiers, après y
avoir mieux saisi la réalité vivante, l’impérissable grandeur de la
Patrie française et de son unité, après avoir
appris à
mieux l’aimer, vous vous disposez maintenant à la servir de toutes les
forces de vos corps endurcis, de vos esprits renouvelés, de vos cœurs
rajeunis. Je sais que partout
vous vous réunissez fraternellement, en équipes comme aux Chantiers, et
bientôt je pense aller vous visiter chez vous ; je sais que vous avez
commencé à agir pour faire du bien autour de vous, et je m’en réjouis
parce qu’ainsi vous contribuez à l’union si nécessaire de tous les
Français derrière le Maréchal, qui nous a montré le chemin et qui nous
guide, et aussi parce que cela assurera la joie de votre existence et le
bonheur des foyers que vous construisez. Certes, il ne dépend pas de nous que ce message de Noël ne soit entendu dans ce pays pacifié – du moins peut-il avoir en nous une résonance profonde si nous sommes en paix avec nous-mêmes, non pas dans l’abandon ou la lâcheté, mais au sein même d’une vie ardente, rude, loyale et bienfaisante qui vaudra à la France le retour à son antique et magnifique destin ». |
Ayez vingt ans, prenez dix jeunes, vivez avec eux, soyez un Jeune ou soyez un Chef… Alors vous connaîtrez la doctrine des Chantiers. Vaillance, 10 novembre 1941
Le général de La Porte du Theil, à Vichy, en 1941 lors de la remise du drapeau aux Chantiers : "Jeunes de France, toujours..."
Pour en savoir plus > Le Commissaire général en 1940 Le Commissaire général en 1942 Le Commissaire général en 1943 Le Commissaire général en 1944 Le Commissaire général sous le feu des partis collaborationnistes ![]() Copyright©2018, Jean Moncelon |
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