LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE

1940-1944

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« Par nous la France renaîtra »



 

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LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE EN 1943

Créés au lendemain de l’armistice pour recueillir et régénérer les 100.000 jeunes gens qui, sans s’être battus, avaient connu le désordre des dernières journées de guerre, les Chantiers de la jeunesse sont une institution nationale obligatoire...

Ils groupent en zone sud l’ensemble des jeunes Français réunis pour 8 mois, au cours de leur vingtième année dans les conditions fixées par la loi du 18 janvier 1941.

L’organisation des Chantiers répond essentiellement à une mission d’éducation. Elle a pour but de donner aux jeunes hommes de France, toutes classes confondues, un complément de formation morale, virile et professionnelle, qui, des mieux doués, fera des chefs et, de tous, des hommes sains, honnêtes, communiant dans la ferveur d’une même foi nationale.

LEUR ORGANISATION

A Châtel-Guyon, le Commissaire Général de la Porte du Theil et les services généraux. A Lyon, Clermont-Ferrand, Vic-sur-Cère (Cantal), Marseille et Toulouse, cinq Commissaires Régionaux, commandant à 45 groupements ; à Grenoble, le Commissaire chef des trois groupements de Jeunesse et Montagne ; à Ramondens (Tarn), le Commissaire chef des Chantiers de la Marine.

Dans chaque groupement, dix groupes comportant chacun 10 équipes de 12 hommes. L’Équipe, indissoluble, composée d’étudiants, d’ouvriers, de paysans mêlés, est l’unité élémentaire de vie, de travail, de solidarité. Elle a son Chef, sa baraque, son chantier, ses outils, ses chansons et ses traditions.

LEURS BUTS
TRAVAIL

Des chefs jeunes, ardents, prêchant d’exemple, ont enseigné à leurs hommes le goût de l’effort et de la vie rude. Ils ont construit leur camp. De vrais villages sont nés en plein cœur des forêts, au flanc des montagnes, au sein des plaines. Puis ils ont contribué à l’exploitation des ressources naturelles de la France actuellement appauvrie en s’adonnant à des travaux : forestage, carbonisation, reboisement, remise en culture, construction de route, exploitation de carrière, et en assurant, par un indispensable appoint de main-d’œuvre, des travaux agricoles : moissons et vendanges.

SANTÉ

Une hygiène attentive, une éducation physique méthodique qui entraînent les vigoureux et rééduquent les malingres viennent consolider les immenses bienfaits de la vie en plein air.

VIRILITÉ

Par une vie rude en équipe, dans le Travail et la Discipline, guidés par des chefs qui leur enseignent le goût de la netteté, le culte de l’honneur et l’amour du pays, les jeunes deviennent des hommes.

ASSOCIATION DES ANCIENS DES CHANTIERS

L’Association des Anciens des Chantiers (A.D.A.C.), dans laquelle entrent librement les jeunes, a pour but de prolonger l’enseignement reçu par eux pendant leur stage de huit mois, et de poursuivre la formation d’une élite de jeunes chefs, virilisés au contact des responsabilités, et destinés à prendre peu à peu dans le pays leur place naturelle.

« Il faut plonger au milieu de la masse, écrit le Commissaire Général, ces semeurs d’idéal, ces entraîneurs, ces modèles que sont les chefs. Et c’est bien ainsi que nous agissons. Après les avoir formés dans les Chantiers, nous entretenons la flamme dans l’A.D.A.C., non pas pour la mettre sous le boisseau, mais pour la disperser partout dans les organismes de la cité qu’elle a mission d’éclairer et de réchauffer. C’est tout notre système. »

L’A.D.A.C. ne conserve pas en effet jalousement ses membres au sein d’une collectivité privée, hermétiquement fermée, mais veut au contraire les mettre au service de la communauté nationale, dans toutes les activités qu’elle requiert, pour y faire régner « l’esprit Chantier », c’est-à-dire l’esprit français.

Les Anciens des Chantiers ont donc des activités nombreuses : ils font partie d’associations sportives, de groupements d’assistance et d’entr’aide, sociale ou nationale, de syndicats corporatifs professionnels, agricoles et ouvriers, etc. Ils organisent des envois de colis à leurs camarades travaillant à l’étranger, ils soulagent d’innombrables misères. 

Ainsi l’« homme social français », ébauché par les Chantiers, se maintiendra et s’affirmera par la fréquentation de l’A.D.A.C., dont il sera toujours prêt à appliquer la devise : s’entraider pour servir.

LA MUSIQUE NATIONALE
DES CHANTIERS DE LA JEUNESSE

La Musique Nationale des Chantiers de la Jeunesse fut créée en Mars 1941, à Châtel-Guyon.

Elle se renouvelle par tiers à chaque incorporation, étant uniquement formée de jeunes accomplissant leur stage obligatoire. Tous les quatre mois, son chef, le Commissaire Pardoël, a la difficile mission d'en refaire l'unité.

Les musiciens sont recrutés par concours. Ils prennent place alors parmi les cent exécutants de l'orchestre harmonique, les cinquante de l'orchestre symphonique, ou les cinquante choristes, car la Musique Nationale des Chantiers est une musique qui « chante ».

Depuis sa création, de nombreuses villes ont applaudi à ses concerts, à ses défilés ; et de fréquentes émissions radiophoniques l'ont fait connaître-à toute la France.

Aujourd’hui, les jeunes de la Musique Nationale viennent vous porter le message de confiance de tous leurs camarades restés dans leurs Chantiers.

Source : Le Petit Journal, 23 juillet 1941


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