LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE

1940-1944

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« Par nous la France renaîtra »



LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE EN AFRIQUE DU NORD

En tous temps et en tous domaines, les chefs doivent donner l'exemple. Ils ne doivent pas s'appartenir; ils appartiennent à l'œuvre et surtout à ceux qui ont foi en eux et qu'ils ont charge de rééduquer. Celui qui, chez nous, n'arrive pas à cela n'est pas un chef et sa place n'est pas dans nos rangs" Van Hecke, Commissaire régional des Chantiers d'Afrique du Nord, 26 mars 1941.

Le commissaire régional van Hecke, à gauche, et le général de la Porte du Theil, lors de sa première visite d'inspection en Afrique du Nord, à Alger, 22 mais 1941. Photographie parue dans l'Echo d'Alger, en illustration d'un reportage sur les Chantiers de la Jeunesse, en septembre 1941.

 

Le chef Van Hecke, commissaire régional des Chantiers de la jeunesse d'Afrique du Nord, a dû être satisfait du concours d'affluence - de sa qualité - qui a participé à la réussite de la réunion gymnique d'hier après-midi. Les Chantiers de la jeunesse ont fait là belle œuvre de propagandistes

En montrant sans fard au public en quoi consiste leur travail, les Jeunes ont montré leur confiance non seulement en leurs chefs, mais encore en l'immense majorité des Français qui comprennent les buts du Maréchal. Cette joie au grand air, coordonné  avec des ouvrages utiles et une rénovation morale précieuse est véritablement une garantie de redressement de la France.

Source : Tony Arbona, "Renaissance de la Jeunesse", L'Echo d'Alger, 19 octobre 1941.

Remontez les âges. Chaque époque, la jeunesse a marqué son influence. Les poètes ont célébré ses caprices et le feu de son sang. Les troubadours l’associaient aux expressions du beau, les chroniqueurs aux expressions de force. En Italie, son âme ardente a fait chanter la Gioventu. Partout elle a traduit l’image du plaisir. Si le docteur Faust désirait revivre une adolescence, c’était pour ces amours éternelles et légères.

Vous savez, n’est-ce pas, ce qu’est devenu le rude apprentissage de la vie du jeune d’après 1940 ? Le besoin de la Patrie, la nécessité du Travail, l’idéal de la Famille l’ont transposé en pleine nature, comme plus près de Dieu. Là, son âme est soumise à leurs leçons directes. Sans jouer au Spartiate qui se laissait ronger le flanc, son corps est froissé par les graviers et les ronces. Son caractère et son intelligence se heurtent et s’ouvrent aux bienfaits de la discipline, du dévouement, de la joie virile. Pour servir, il est toujours prêt !

Puis est venu l’instant de se sentir les coudes. Un anniversaire est une fête intime. Quel enivrement lorsque cette intimité s’étend à une foule. De France, de tous les points de l’Empire, ils sont accourus vers le camp Maréchal-Pétain érigé par sortilège. Leur rallye a ressemblé à la marche à l’étoile des Mages. Vous avez vu ensuite comment, au stade, autour des enfants, le cercle de famille s’est formé, comment il a applaudi.

L’ancien était là, parmi tant de personnalités, accouru de France, les rallier à son panache. Leur chef, le commissaire général la Porte du Theil, qui suit l’éclosion de la doctrine du Maréchal, leur a dit de remettre en honneur le goût et le culte de l’effort, la notion d’équipe, les valeurs morales. Aux quarante-six groupements de la Métropole ont fait écho les six d’outre-Méditerranée. Toujours prêts !…

Al Jacono, 20 octobre 1941

Présentation du drapeau des Chantiers à Alger, le 19 octobre 1941

Présentation du drapeau des Chantiers à Alger, le 19 octobre 1941 (détail). A droite, le commissaire régional van Hecke, à l'arrière-plan les autorités civiles et militaires.

Le défilé

FIERS, car la jeunesse est une victoire,  nous les avons vu défiler tous ces gars de nos camps de jeunesse qui, venus de toutes les provinces françaises et de tous les coins de notre Algérie, recomposaient par synthèse cet Empire français qui totalise vingt siècles de civilisation.

Quand devant nous passèrent ceux de la Provence, du Languedoc, des Pyrénées et ces Gascons précédés des tambourinaires qui faisaient résonner leur caisse tout en jouant de l’aigre galoubet, quand nous les avons vu chanter ces vieux airs du pays, comme si « ces airs dont la musique a l’air d’être en patois » voulaient emprunter aux cadences martiales de ce pas, je ne sais quoi de décidé ; quand, précédée du drapeau la fanfare des Chantiers, faisant ronfler ces tambours et jouant à plein cuivre, eut l’air de pousser devant elle toutes les clameurs délirantes de la foule, qui donc ne s’est senti envahi par un immense espoir ?

Ah ! comme cette vague sonore balayait tous nos petits égoïsmes ! Qui donc à cet instant songeait encore aux misères de l’existence, aux restrictions, aux soucis matériels et terre à terre ? Chacun, soulevé, grandi, était parti dans son rêve ! L’euphorie gagnait les plus moroses, et il semblait que tous ces jeunes extériorisaient leur jeunesse, en faisant un don magnifique au pays et que, grâce à eux, ce matin, nous avions tous vingt ans.

Source : L'Echo d'Alger, 21 octobre 1941.


Source : L'Echo d'Alger, 1941

L’Écho d’Alger, journal maréchaliste, après avoir pris fait et cause pour l’œuvre des Chantiers d’Afrique du Nord, sous la direction du futur général Van Hecke, leur Commissaire régional dès janvier 1941, prend le parti des alliés au moment du débarquement américain en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, et s’affiche dès lors derrière le général Giraud, comme le fera van Hecke lui-même dont on sait le rôle déterminant qu’il a joué pour le succès de ce débarquement.


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