|
LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE 1940-1944 |
||
|
> Retour au sommaire LE GÉNÉRAL DE LA PORTE DU THEIL EN 1942 |
||
|
« Si je vous ai
demandé d’être aussi près de vos hommes aux Chantiers, c’est, dit-il,
afin que s’établisse entre vous ce lien humain indispensable. On n’a rien
inventé ici, on a adapté. Nous avons joui de
facilités extraordinaires ; ce n’est pas très difficile ce que nous
avons fait. Nous sommes partis de zéro ; c’est admirable. Lorsque l’on part
avec un lourd héritage, la tâche est difficile ; mais quand on part avec
rien, on fait ce que l’on veut. Le problème est tellement simplifié ! Il y a
toujours quelque chose de bon, même chez les hommes qui paraissent les plus
mauvais. Il faut rechercher ce qu’il y a de bien dans chacun de vos Jeunes.
Un homme se donne quand on a confiance en lui ; mais encore faut-il le lui
prouver par des actes et non par des mots. Il faut lui fournir l’occasion de
montrer ce qu’il vaut. »
« N’avoir pas la vie trop facile est une excellente chose. Le bonheur, c’est
de savoir se satisfaire. Il ne faut pas aller jusqu’au bout de ce que l’on
peut avoir. Il y a, aux Chantiers, certains chefs qui n’auraient
pas cette volonté, c’est très heureux que les circonstances les y obligent.
Des privations et des difficultés, on n’en meurt pas. C’est tout bénéfice
moral, et c’est cela qui compte. Le reste, dans la vie, cela s’en va et
s’estompe. On ne se souvient que des coups durs, ce sont les difficultés qui
unissent. Les hommes se les rappellent. Tout se décante, il ne reste qu’une
chose, le succès qu’a donné l’effort »
Général, Après avoir passé
quelques heures au milieu de vos Jeunes, je veux vous dire les raisons
qui, pour moi, ont fait de cette visite une grande joie. J’ai vu les Jeunes
et leurs chefs s’occuper à leurs besognes quotidiennes et j’ai trouvé
partout des sujets d’intérêt et de satisfaction. J’ai vu les huttes des
camps d’été et les baraques des camps d’hiver, et j’ai constaté partout
l’ardeur d’une jeunesse qui veut résolument se préparer à servir son
Pays dans l’ordre, la discipline et l’amitié joyeuse. Favorisés par le
cadre choisi où ils sont appelés à travailler, nos jeunes gens
apprennent à oublier la laideur des villes et à élever leurs pensées
vers un idéal supérieur. Heureuse jeunesse qui reprend goût à l’effort
et pour qui le travail est redevenu une source de satisfactions. J’ai constaté avec
quelle bonne humeur tous s’efforcent de s’adapter aux besognes nouvelles
qui leur sont proposées et avec quelle émulation travaille chaque
équipe. Cet esprit d’équipe me paraît une des plus belles réalisations
des Chantiers. C’est le signe que nos Jeunes ont pu s’évader de
l’individualisme qui faisait naguère la faiblesse de la France. Ils ont
compris l’invitation que je leur adressais dans mon message du 29
décembre 1940 d’apprendre à travailler et à réfléchir en commun. Je les
en félicite ; ils sont de bons ouvriers de la Rénovation française, car
une société ne peut subsister que par l’union de ses membres. Et la présence d’un
groupe important d’Anciens des Chantiers m’a montré combien ce lien
avait pris de force, puisqu’il survit chez ceux mêmes que la vie
courante a repris et qu’ils éprouvent le besoin de se retremper dans
l’ambiance des camps. Cet heureux
résultat est dû à l’action de chefs, souvent très jeunes, qui partagent
entièrement l’existence de leurs hommes et se dévouent pour ranimer en
eux le culte de la Patrie et l’amour du travail bien fait. J’y vois en même
temps une source de richesse morale pour le Pays tout entier. Car les
Chantiers impriment sur les hommes leur marque profonde ; et leurs
chefs, vers quelque métier qu’ils s’orientent, seront des chefs sociaux
connaissant les hommes et leurs besoins. Devant tant de
regards clairs, chargés de confiance et d’amitié, j’ai senti enfin se
réaliser cette communauté des âmes sans laquelle il me serait impossible
de reconstruire la France. Pour tout dire, je
crois que les Chantiers de la Jeunesse sont le terrain choisi où se
forment les vrais disciples de la Révolution Nationale. Je vous en exprime
toute ma satisfaction. Agréez, Général,
l’expression de mes sentiments les meilleurs. Ph. PÉTAIN Lettre du Maréchal Pétain, du 1er août 1942
Le Maréchal Pétain passant en revue à Vichy une délégation de Chefs des Chantiers LES QUESTIONS QUI SE POSENT Le général de la Porte du Theil devait-il rester à Alger après le débarquement du 8 novembre 1942 ? Ou rentrer aussitôt en France pour continuer son œuvre auprès des Jeunes de France ? Le 8 novembre 1942, La Porte
du Theil se trouve en tournée d’inspection à Constantine avec le
Commissaire des Chantiers d’Afrique du Nord, le futur général Van Hecke.
Il y apprend le débarquement américain en Algérie. L’occasion était
inespérée, et Van Hecke, qui favorisa lui-même au sein du « groupe des
Cinq » ce débarquement, qui préparait aussi de longue date son passage
dans la Résistance, supplia son chef de rester avec lui. Mais La Porte
du Theil a comme réponse : « Je ne reviendrai pas à Alger. En Afrique je
n’ai que deux mille hommes dont vous assurez le commandement. Je ne
ferais à Alger qu’un général de plus. Il y en a déjà bien assez. En
France j’ai tout mon commandement. C’est là qu’est mon devoir. C’est une
question d’honneur. Je n’irai pas à Alger et je vais chercher à rentrer
en France ». Comme le remarque Jean Delage, il y avait un grand intérêt
personnel pour le Commissaire général à demeurer en Algérie : « Aucun
risque à courir. Un mot et il passe à la dissidence. C’est échapper à la
pression de l’occupant, gagner à coup sûr des étoiles et de la
popularité. C’est céder à son désir de soldat… » En revanche, « c’est
livrer 90 000 hommes à la vindicte allemande ».
Quant à ses sentiments, toute son admiration pour le Maréchal et la
Révolution nationale ne l’a jamais empêché d’espérer la libération de la
France, bien au contraire. On imagine comment il accueille la nouvelle
du Débarquement. A son retour à Vichy, il dira à Abel Bonard, ministre
de l’Education nationale : « Je pense qu’il n’y a plus de doute pour
personne : dans quinze jours les Américains seront en Sicile, puis en
Italie. En deux mois, ils seront en France. » Sous cet aspect, le
rapport Bernon, du nom de l’un des ennemis jurés du Commissaire général,
est sans ambigüité : « Se trouvant providentiellement sur place, en
Afrique du Nord, à l’heure de l’agression, prévenu de la trahison
certaine de ses subordonnés [le Commissaire Van Hecke] qui se trouvent à
ses côté, il fait preuve d’une carence totale d’autorité et de
commandement qui confine à la complicité et à la lumière des
renseignements nouveaux, tout s'est passé comme s'il avait placé en
Afrique des pions pour jouer sur l'échiquier. »
|
![]() «
MES CHERS ENFANTS, « Je
suis très heureux d’avoir commandé le
salut
aux couleurs devant vous : cela m’a
rajeuni de quelques années et cela m’a
permis de communiquer
de tout mon cœur
avec vous,
dans le
même sentiment patriotique.
« Au revoir mes
enfants.
» « Le Commissaire général de La Porte du Theil a
présenté au Maréchal les Commissaires régionaux et a défini le sens de
cette manifestation : C’est à votre appel qu’ils ont été convoqués pour
vous faire, au nom de leurs camarades, l’offrande de leur travail et
recevoir de vous le témoignage de l’intérêt que vous leur portez. Ce
qu’ils ont fait, ils vous le diront eux-mêmes au passage. Je ne vous
citerai qu’un chiffre parce que celui-là peut-être, ils ne vous
l’auraient pas donné eux-mêmes. Sur leurs ressources – et vous devinez
qu’elles ne sont pas bien grandes – ces hommes ont prélevé cette année
1.250.000 francs qui sont allés : 850.000 francs au Secours National,
350.000 francs aux prisonniers, 100.000 francs à des œuvres diverses.
Le Maréchal prit alors la
parole : Je suis content, dit-il aux jeunes des chantiers, d’être venu ici. Jusqu’à présent, je ne vous connaissais que de loin, mais j’ai l’intention de me rapprocher de vous. Je veux aller vous voir dans vos chantiers de jeunesse, la belle saison me le permettra. Mais dès aujourd’hui je vais vous parler et chacun me dira ce qu’il a fait Le Maréchal Pétain, Vichy, le 26 avril 1942, lors de la Fête du travail des Chantiers de Jeunesse.
|
|